« Le magnétiseur a changé ma vie »

Fatigue chronique, angoisse continue, eczéma, règles douloureuses… parfois le magnétiseur peut être la solution quand rien d’autre ne fonctionne. La preuve avec ce témoignage de L.!

Problème n°1

« Elle est là le matin quand je me lève, le soir quand je me couche. J’ai testé le jus d’oranges bio pressées, la gelée royale, la vitamine D en gouttes. Je me suis astreinte à aérer ma chambre avant de dormir  – et ce malgré les froides nuits de ces dernières semaines -, de manger léger avant de me coucher, d’enchaîner les weekends reposants et les grasse-matinées. Rien n’y fait, elle est là, la fatigue, fermement attachée à mon crâne, m’aimant au point de ne plus vouloir me quitter. Les cernes violets ornent mon visage, je finis par m’y habituer. »

Problème n°2

« Chaque mois, il y a la douleur aussi, qui perfore mes entrailles, me courbe en deux, me lacère à en pleurer. Je me suis d’abord dit que c’était les carences, mais mon sang est irréprochable ; je me dis ensuite que la coupable est la vie à Paris, mais au sein de la Capitale il n’y a pas que des zombies. Pour ma mère, le problème est certes de taille mais non insurmontable, et la solution existe, forcément. C’est une histoire d’énergie tout ça. Malgré ma jeunesse, je suis éreintée. Peut-être que la fatigue, le stress, les douleurs menstruelles ne se « soignent » pas au sens propre du terme. Peut-être qu’au contraire elles se guérissent. De la manière dont on guérissait il y a très longtemps. Un jour, ma mère m’appelle avec l’assurance d’un cheval de course dans l’hippodrome :

 Je vais t’emmener chez un magnétiseur. 

Ma mère a parlé avec une amie qui avait des problèmes de thyroïde. En désespoir de cause, elle s’était rendue chez un magnétiseur dit faiseur de miracles. « C’est un vieux monsieur, il ne parle pas beaucoup, mais il est efficace. » Verdict ? Sa thyroïde se calme mystérieusement les jours qui suivent. Impressionnée, elle y emmène alors sa fille criblée d’acné. La même magie opère puisqu’une semaine plus tard, l’adolescente se découvre une peau de pêche. Hasard, coïncidence ? N’empêche que pour cette femme devenue adepte, « ça vaut le coup d’essayer ».

Dix jours plus tard, je me retrouve dans la voiture de ma mère côté passager, roulant en pleine campagne.

Le magnétiseur « reçoit » à domicile, en Bourgogne. Pendant le trajet, je l’imagine. Un vieux monsieur courbé sur une cane, entouré de fioles remplies de liquides suspects, et d’un chat, non, d’une dizaine de chats, forcément ! Et s’il me regardait en plissant les yeux, m’annonçant que je souffrais d’un mal incurable ? S’il refusait de me magnétiser ? Si je réagissais mal et m’évanouissais une énième fois ? Bientôt, une belle maison au milieu d’un champ nous fait de l’oeil. Ma mère bifurque et gare la voiture : nous sommes arrivées.

Je suis surprise de découvrir une plaque doré, comme celle des généralistes, des dentistes, des ostéopathes, vissée sur la bâtisse : « Magnétiseur ».

Il y a une salle d’attente avec des magazines féminins, un panneau qui indique d’éteindre les téléphones portables et de ne pas fumer. Avant nous, un vieil homme attend sa femme dont la voix résonne, lointaine, de l’autre côté du mur. Quand la porte du cabinet s’ouvre, et que mon nom retentit, mon coeur se crispe : loin de là l’idée d’un vieillard entouré de fioles et de chats dans une salle obscure et austère.

Un jeune homme d’une trentaine d’années, piercing dans l’oreille, sweat XXL sur le dos et jean baggy me tend la main en souriant.

Ses yeux sont d’un bleu limpide, d’une douceur presque irréelle. Il nous fait entrer dans un cabinet épuré, avec bureau et table d’auscultation médicale. J’ai le temps de repérer qu’aux murs, des cadres représentent la faune et la flore sous-marine. Ma surprise doit se voir sur mon visage, alors que je m’empresse de me présenter et d’expliquer mes « problèmes ». Silencieux, le magnétiseur me laisse parler, hochant régulièrement la tête. Lorsqu’il prend la parole, c’est d’une voix calme et posée :

« Nous sommes magnétiseurs de père en fils depuis des générations, et la quatrième génération à en faire sa profession. »

Je suis donc face au fils du magnétiseur qui a guéri l’amie de ma mère. Il continue en nous expliquant comment marche le magnétisme, que chaque personne le possède en différente quantité et que c’est un réel travail que d’apprendre à le maîtriser. Il se trouve que pour ses ancêtres et lui, la quantité est tellement forte qu’elle peut avoir des fonctions utiles. Le magnétisme, c’est apprendre à ressentir grâce à la chaleur que dégagent les mains. C’est pouvoir apaiser un homme ou un animal, les délester de leurs douleurs physiques ou mentales.

Aujourd’hui, les magnétiseurs portent des jeans et des sweats, mais il y a très longtemps, il y en avait dans chaque village pour soigner les enfants, accompagner les vieillards et apaiser les animaux souffrants.

Si le magnétiseur soigne, il peut aussi revitaliser : il détecte la douleur, la souffrance, la fatigue, les pensées négatives, et les extrait du corps, tout en répartissant l’énergie dans les zones qui en ont besoin. Le magnétisme est tel qu’il dérègle les montres, décharge les portables jusqu’à en griller les batteries.

Après m’avoir écoutée, le jeune magnétiseur m’explique quelles sont les zones qu’il va privilégier pendant la séance, et me demande de m’allonger toute habillée. Je porte un pull en laine épais, un débardeur, et un pantalon, cependant quand il pose sa main sur le bas de mon ventre sur ces nombreuses couches de vêtements, je ressens une chaleur brûlante, diffuse, qui s’empare rapidement de l’ensemble de mon ventre. De longues minutes durant, le magnétiseur reste immobile dans cette position, tandis que mon ventre se met à gargouiller de manière sonore. Il m’indique d’un signe de tête que c’est parfaitement normal. Après avoir magnétisé mon ventre, il remonte au niveau de mon foie, puis de mon plexus solaire. Des dizaines de minutes s’écoulent, et je sens des vagues de chaleur qui émanent de sa main pour aller atteindre ma tête et mes pieds. La quiétude est agréable, je me mets à somnoler, bercée par cette chaleur qui équivaut à des bouillottes posées à même ma peau.

Il m’explique qu’il soigne régulièrement des animaux, qui le laissent s’approcher sans crainte. Taureaux, chèvres, chevaux, cochons, il traite leurs maladies de peau ou les apaise quand ils ont des membres cassés par exemple, avant une opération chirurgicale. Il dit aussi que sa famille ne compte que sur le bouche-à-oreille : pas de publicité pour ce don.

Il ne veut pas forcer les gens, et reviendront uniquement ceux qui ont constaté des résultats, qui se sont sentis mieux, qui souhaitent poursuivre le traitement.

Sauf que chaque patient ou presque revient, et la « clientèle » de la famille s’est élargie au fil des ans. Il nous montre la différence entre sa main droite, celle qui magnétise, et la main gauche qui est au repos : les muscles sont tendus, saillants, et craquent facilement. « Le magnétisme consume », explique-t-il. La nuit, il est réveillé à 3h00 du matin par des bouffées de chaleur, incapable de se rendormir à cause du magnétisme qui revient dans son corps. Car tout le magnétisme qu’il offre à ses patients, il doit le fabriquer en énorme quantité chaque nuit. Il lui a fallu six mois pour apprendre à magnétiser une journée complète, de 8h du matin avec son premier patient, à 18h le soir. Il sait qu’il mourra précocement, comme ses ancêtres : le magnétisme fatigue le coeur. C’est en toute connaissance de cause qu’il s’y est dédié, après des années passées à travailler dans le bâtiment. « À chaque métier ses difficultés », plaisante-t-il. Se mettre à ce point au service des gens, c’est fascinant.

Lorsqu’il en a fini avec mon ventre, le magnétiseur aux yeux bleus se tourne vers ma tête, en hyper-activité cérébrale. Mes pensées s’affolent en permanence. C’est aussi ça, qui est épuisant. Sa main chaude posée sur mon front, la magie opère, doucement, jusqu’à ce que l’envie de dormir s’empare de mon corps tout entier. Et puis, comme si l’heure s’était écoulée en quelques minutes, la séance est finie. Il me conseille de me remettre debout doucement : certaines personnes s’évanouissent. Avec un grand sourire, il me dit d’attendre quelques jours pour voir si le magnétisme opère, si je me sens mieux. D’attendre pour savoir si je souhaite ou non revenir.

« Je ne pourrai pas vous guérir en une fois », explique-t-il sans pression.

Pendant le trajet, la main de ma mère effleure la mienne. Elle s’exclame : « Mais tu es brûlante! » Oui, je suis brûlante : j’ai l’impression que des parties de mon corps reviennent à la vie. »

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