Devenir heureux comme les Danois

Ils sont régulièrement qualifiés de « peuple le plus heureux du monde ». Les Danois semblent avoir trouvé la clé du bonheur avec un grand B, puisqu’ils ont même créé un institut de recherche dédié… Alors que nous avons plus que jamais besoin de positif, voici comment devenir « heureux » comme eux.

Avant de commencer cet article, je précise qu’il ne tient pas compte de la crise récente du Covid qui a plombé le moral des Français en 2020, de façon très justifiée.

Le malheur, un attribut très français

Hier soir, je regardais la prestation de Florence Foresti à Bercy – la qualité de la retransmission qui laissait sérieusement à désirer me porte à croire qu’elle doit avoir au moins dix ans –  qui faisait rire 30 000 personnes à l’unisson. Imaginez-là, sur scène, en train de dire d’une voix bourrue qu’elle a décidé d’éradiquer tous les petits tracas, quels qu’ils soient, de son quotidien, de sa voiture en panne jusqu’aux ronflements de son bouledogue. Et que, du coup, eh ben maintenant qu’elle n’a plus aucun problème dans sa vie, elle se sent perdue. Perdue de ne plus avoir quoique ce soit à penser. Perdue de ne plus pouvoir se plaindre auprès de ses amis. Perdue de ne pas pouvoir pleurer la tête dans son oreiller, le visage bouffi par les larmes qui font, il faut le dire, ô tant de bien.

Car, après tout, être heureux, pour nous qui sommes en Occident de l’Ouest où la guerre et les massacres sanglants (j’omets volontairement le terrorisme ), la malnutrition et les ravages écologiques n’altèrent pas notre quotidien, n’est-ce pas un choix ? Il semblerait bien. Et d’après ce que je vois, les Français n’ont pas vraiment « choisi » d’être heureux. Il est beaucoup dit, et écrit, qu’ils adoreraient même se plaindre au-dessus d’une tasse de café sans sucre, parce que cela se révélerait être un moyen efficace de tisser les liens. En effet, est-on vraiment malheureux quand on se lamente constamment sur le temps pourri avec ses collègues ? Ou quand on passe nos nuits à imaginer le pire dans nos relations amoureuses, en parlant constamment de nos craintes à nos amis ? Au fond, ne serait-ce pas tellement plus simple de lâcher du leste et de simplement profiter du moment présent, sans se créer un ulcère à l’estomac ou une crise cardiaque précoce ?

Mon point de vue, c’est que par la critique, le Français partage.

Le retour de l’optimisme

Il y a quelques temps, alors que j’étais justement en train d’expliquer à mon frère à quel point je me sentais alourdie par la misère du monde (entre les massacres, les manifestations qui dégénèrent, les attentats, l’espérance de vie qui baisse, les océans en danger, les cas de peste et de rage, on ne sait plus où donner de la tête), il m’a dit qu’il avait trouvé un compte Instagram génial. L’homme s’appelle Tank Sinatra, il est américain, et pour lutter contre toutes les ondes négatives qu’on nous propulse quotidiennement à la face, il a créé le concept Tanksgoodnews. 

Ainsi, son compte qui compte 2 millions d’abonnés répertorie tous les miracles, les bonnes nouvelles, les moments de joie, petits et grands, du monde entier. Rien de mieux que de commencer une journée en entendant parler d’un petit garçon qui s’habille en Superman pour aller câliner les chats dans la rue, « parce que ça le fait se sentir comme un super-héro pour animaux » ; ou encore la récolte de fonds qui a permis aux enfants orphelins d’un soldat mort au combat de s’inscrire à l’université… Autant de bonnes nouvelles qui montrent que la solidarité, l’amour, l’humour, et la bienveillance sont bien présentes, et que c’est autour de ces merveilles qu’on devrait plutôt se rassembler.

Les Danois, fervents disciples du « hygge »

Quand on recherche sur Google « j’ai décidé d’être heureux », on tombe sur un million de  résultats divers et variés traitant du sujet sous toutes les coutures. Plus ou moins sérieux, ces articles vont même jusqu’à dire qu’être heureux, c’est bon pour la santé. Ces dernières années, on a donc sérieusement commencé à se pencher sur le bonheur, ses termes et ses conditions, comment le définir et surtout, comment le trouver et le garder. On aurait trouvé, puisque les pros du bonheur en la matière, les Scandinaves, ont même mis en place un Institut de Recherche sur le Bonheur. Les Danois et le « hygge », les Suédois avec le « lagom », tant de principes aux lettres chantantes qui reflètent tout un principe de vie rigoureux, apparemment efficace pour atteindre la sérénité.

Je me suis donc mangé les deux livres cultes en la matière, sur le « Hygge » et le « Lagom ». Pour savoir si vous êtes sur la bonne voie, voici un petit test basé sur ces lectures, pour vérifier votre niveau de hygge/lagom.

Comment savoir si je suis hygge/lagom ?

1. Mon domicile est confortable, cosy, véritable havre de sérénité. Je n’y porte jamais mes chaussures, et d’ailleurs, dès que j’y pose les pieds, je change automatiquement de tenue pour un ensemble si possible doux et décontracté. J’ai installé un petit coin lecture près d’une fenêtre, j’ai mis des bougies, des tapis et des plaids dès que possible. Les lumières sont tamisées, et j’ai une collection de mugs à thé. C’est l’endroit où je préfère être sur la planète pour réfléchir et me ressourcer. Si le domicile est fait de bois, c’est encore mieux. Un chat ou un chien en plus, et là c’est le must du lagom !

2. Ma penderie n’est pas un amas d’habits de toutes les couleurs, de toutes les marques, posés en vrac et parfois même oubliés. Au contraire, mes vêtements sont de couleurs sobres, chaudes, et rien ne me fait vraiment « sortir du lot ». Ils sont de bonne qualité, en coton, en laine ou en soie, et achetés dans des marques éthiques mettant le développement durable au coeur de leur politique. Je ne vends pas les vêtements qui ne me conviennent plus, je les donne à des oeuvres caritatives. Je n’hésite pas à recoudre quand c’est déchiré, et non pas jeter. J’ai tendance à superposer les couches, à privilégier le confort à l’esthétique et à ne pas porter de marques de luxe trop voyantes pour ne pas que les autres se sentent moins « bien ».

3. Je cuisine des petits gâteaux et petites pâtisseries qui remontent le moral et qui s’accompagne de boissons chaudes. Thé, lait d’amande, chai latte, café, je passe d’ailleurs mes journées à m’hydrater. Ce sont des petits plaisirs savourés, seul, en couple ou entre amis. J’ai la dent sucrée et je ne me prive pas, puisque de toute façon je fais quasiment tous mes trajets à vélo ou à pied pour entretenir mon corps.

4. Je me nourris selon les saisons avec des produits du marché. Des soupes en hiver, des salades en été. Je privilégie les commerces de proximité et la cuisine locavore lorsque je vais au restaurant, très rarement, puisque je préfère recevoir mes amis dans mon chez-moi super hygge/lagom où nous nous lançons d’ailleurs dans des parties de jeux de société jusqu’à tard dans la nuit. La boite de conserve, le surgelé, le fast-food, je proscris.

5. Chaque jour, je me fixe un objectif à atteindre et m’offre un petit plaisir. Chaque journée est faite pour être appréciée à sa juste valeur et il faut en tirer un maximum. Que ce soit un petit vernis à ongles, un cookie à la pâtisserie du coin, dix minutes de méditation le matin avant le travail, un cinéma avec son partenaire en soirée, ou une heure de papouilles avec son chat… Ces moments procurent une grande joie, déstressent et redonnent de l’énergie.

6. Au travail, j’arrive tôt et je repars tôt. Je m’octroie aussi régulièrement des pauses avec mes collègues pour partager une tasse de thé et papoter. Je suis efficace et honnête au travail, puisque je ne critique pas mes collègues ou mes supérieurs derrière leur dos. D’ailleurs, ils me respectent, me laissent volontiers prendre des vacances ou des week-ends avec ma famille, et m’encouragent à partir plus tôt. Pendant le temps de travail, je suis très efficace et concentré. Ainsi, je fais mon travail en un temps record pour ensuite être libéré.

7. Je m’échappe dès que je peux de la ville polluée et bruyante, pour enfiler mes bottes en caoutchouc et prendre mon panier en osier : direction la campagne. Je fais de longues balades dans les bois, à la plage ou à la montagne, cueillant des bouquets de fleurs fraîches ou ramassant des champignons. Ce sont des moments de pure déconnexion puisque je n’ai pas de réseau sur mon téléphone portable. Seul ou à plusieurs, c’est l’occasion de se lier à la nature et de remettre ses priorités en place.

Quand on lit les préceptes du Hygge et du Lagom, qui sont de véritables « way of life » ancrées dans la culture des pays scandinaves depuis des centaines d’années, on a l’impression que c’est un peu cliché. Des bougies, des plaids, du thé, de la campagne, des fleurs, du bois, de la bonne nourriture… facile, non? Mais si l’on réfléchit ne serait-ce que cinq minutes à notre vie, on se rend compte qu’en fait, un tel équilibre n’est pas du tout inné.

J’avais fait le test du hygge et du lagom en 2018, quand je travaillais encore comme journaliste pour Grazia. Voici ce qu’il en ressortait…

Je rentre toujours en chaussures dans mon appartement, où mon dressing croule sous des tonnes d’habits et de sacs et de chaussures, si bien que j’ai même dû en planquer sous mon lit, au-dessus des armoires et à la cave pour tout faire tenir. Pour Noël, je rêverais d’un nouveau sac en cuir de marque. Je suis plutôt du genre à acheter un Happy Meal à 16 heures pour le goûter que de manger mon petit banana bread cuisiné  la veille par mes soins. Aux commerces de proximité, je préfère en général les Deliveroo et Foodora qui m’apportent en un temps record mon menu indien à 17 euros (argh!). Au travail, j’arrive tard et je repars tard, quand il fait nuit, et quand il ne reste plus que le temps de dîner, de regarder une série et de dormir. Quant à la campagne, c’est dur de me souvenir la dernière fois que j’ai marché dans des bois à cueillir des fleurs. Du coup, pour être plus lagom et hygge, il va falloir en faire, des efforts… 

Pour finir, je vous conseille de faire un tour sur le blog de Chloé&You, qui est selon moi un excellent exemple de « hygge » et de « lagom ».

• Le livre du Hygge, mieux vivre la méthode danoise de Meik Wiking (ed.First)
• Le livre du lagom de Anne Thoumieux (ed.First)

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