5 choses qu’on comprend à 25 ans

Cet article s’inspire de celui de Makeupbyaureo, qui a récemment fait la liste très inspirante des leçons tirées en ses vingt-cinq années de vie. Vous pouvez trouver son article, beaucoup plus complet que le mien, sur ce lien : https://makeupbyaureoblog.wordpress.com/2020/09/04/ces-lecons-apprises-en-25-ans/

A mon tour de vous partager 5 pensées, alors que je viens d’atteindre mon premier quart de siècle.

Il ne faut pas se méprendre, 25 ans, c’est encore très jeune. Si à ce même âge, nos parents voire nos grands-parents étaient déjà mariés avec des enfants, ce n’est pas le cas d’une majorité d’entre-nous. Certes, vous me direz que je me suis mariée à vingt-cinq ans, mais je crois sincèrement que le départ de mon mari à l’armée a accéléré les choses. La suite de séparations géographiques induites par la vie militaire pousse, je le pense, à s’unir vite : d’une part pour prouver à l’autre qu’on « ne fait pas semblant » et qu’il peut avoir confiance en nous, d’autre part pour officialiser son amour (auprès de sa famille, de ses amis, de ses collègues, bref, de toutes les nouvelles personnes qui entrent dans votre vie). On ne sait pas de quoi la vie est faite, ni quand elle peut subitement s’arrêter : avec un militaire, ce fait est décuplé (on pense à la dangerosité des missions, aux accidents techniques, etc). Si je me suis mariée l’été de mes 25 ans, c’est parce que j’étais persuadée qu’il n’existait pas meilleure personne pour moi sur cette terre que mon mari. Il ne m’en a pas fallu plus pour sauter le pas !

Voici donc les leçons que je tire de ce premier quart de vie qui, il faut le dire, n’a pas été très facile. En 25 ans, nous avons appris à voir, respirer, parler, marcher, décrire, découvrir le monde. Nous avons vécu le changement de notre corps (hello la puberté !), la douleur du premier chagrin d’amour, les ruptures, les désillusions, le bac, les partiels, sans compter l’arrivée de certains troubles psychologiques (qui se déclarent en général entre 18 et 25 ans). En bref, nous avons sûrement plus fait et appris en ces 25 premières années que nous le ferons lors des 50 et quelques années qui nous restent à vivre.

C’est pourquoi les leçons qu’on tire à 25 ans sont cruciales. Elles sont le fondement de votre identité à l’aube de votre vie d’adulte, la vraie. Vous avez normalement tous, ou presque tous, les clés en main pour ne pas 1/reproduire les mêmes erreurs, 2/ne plus donner votre confiance ni votre amour aux mauvaises personnes, 3/vous retrouver dans des situations dangereuses ou qui vous angoissent, 4/laisser quiconque, et même vous-même, vous faire du mal. Si vous prenez le temps de faire la liste de vos « leçons à 25 ans », vous serez armés pour la suite.

Leçon 1 : Le monde n’est pas tout blanc ou tout noir

C’est sûrement l’une des leçons les plus dures que j’aie eues à apprendre. Compliqué pour une petite fille imaginative, dévoreuse de romans qui finissent toujours bien, élevée dans une famille de bisounours, de comprendre que les gens sont un mélange de mille couleurs plus ou moins foncées et, surtout, changeantes. Il n’y a pas de gentil ou de méchant, juste des personnes qui agissent ou non en votre intérêt. Il n’y a pas de bien ni de mal, juste des situations critiques qui nécessitent des choix pondérés, réfléchis, altruistes. Et certaines personnes n’ont pas encore les clés pour agir de cette façon. Il n’y a pas de perfection non plus : chacun porte en lui des rêves oubliés, des projets inachevés, des blessures ouvertes, etc. Nous sommes la somme des expériences de notre passé, et aucun passé n’est fait d’expériences parfaites !

En fait, Sirius Black avait parfaitement raison, en disant à Harry Potter qu’il n’est « pas une mauvaise personne, juste une belle personne à qui des mauvaises choses sont arrivées. » Merci, J.K. Rowling !

Leçon 2 : La plupart de vos problèmes sont dans votre tête

J’ai concocté pour vous un article sur l’over-thinking, ou le fait de trop penser, ainsi qu’une vidéo YouTube (pour ceux qui préfèrent écouter à lire). L’over-thinking, dont je souffre depuis ma plus tendre enfance, résume bien cette deuxième leçon.

Je précise que dans cette leçon, je ne parlerai pas de la souffrance légitime induite par de vrais traumatismes (maltraitance, viol, avortement, stérilité, etc.)

Vos souffrances du quotidien, vous, et votre cerveau, en êtes généralement à l’origine. Il y a une différence entre les coups qui vous sont portés à l’extérieur, bien réels (une moquerie, une rupture, une trahison, etc) et le tsunami qu’ils provoquent en vous-même (fictif). Vous pouvez décider que cette moquerie, cette rupture, cette trahison, n’est pas grave, qu’elle ne doit pas vous empêcher de manger, de rire, ni de sortir. La puissance de la volonté est sans limite, et il VOUS incombe de donner aux éléments perturbateurs la réaction qu’ils méritent (c’est-à-dire une petite vaguelette, pas un tsunami !!).

Je vous rassure, ceci est plus dur à faire qu’à dire, et je ne contrôle pas encore très bien mon esprit. J’ai juste compris que je créais souvent mes propres angoisses toute seule, comme une grande. Mon objectif pour le reste de ma vie est d’être encore plus imperméable aux coups, plus forte que mes angoisses, plus rationnelle face à mon imaginaire débordant.

Leçon 3 : Ne sous-estimez pas les ravages d’une relation amoureuse toxique

On a tous déjà fait la sourde-oreille quand nos parents nous répétaient que « cette personne n’est pas suffisamment bien pour toi ». Un adolescent prend en général une telle remarque très mal, et se braque, pensant que ses parents savent mieux que lui ce qui est bon ou mauvais pour lui. Sauf qu’en vérité, c’est très fort possible que les parents aient raison… Les adultes sont passés par là, eux aussi, et ils savent reconnaître le danger pour leur progéniture !

Ce premier exemple est le plus « simple », d’une certaine manière, car vous savez plus ou moins que vous allez souffrir en vous embarquant dans une telle relation. C’est comme si vous étiez préparés à la douleur, et qu’il s’agissait d’une expérience pour « vivre pleinement », pour « profiter de sa jeunesse », etc. Comme s’il fallait obligatoirement faire des erreurs pour grandir. C’est pourquoi, des relations toxiques, nous en avons quasiment tous vécu à 25 ans.

Il y a toutefois un autre type de relation toxique, celui que personne, pas même vos parents, ont suspecté. C’est la relation avec une personne adorable en apparence, mais détraquée à l’intérieur. La relation toxique prend de nombreuses formes, et l’idée n’est pas d’en faire la liste ici. Mais grâce à ma propre expérience, et à celle de mes amies, j’ai par exemple compris au fil de mon adolescence que c’est très dangereux de sortir avec : 1/ un homme phobique des poils alors que vous êtes globalement velue, 2/ un homme qui veut que vous ayez les cheveux lisses alors que vous êtes super frisée, 3/ un homme qui continue de beaucoup voir son ex, 4/ un homme fou des grosses poitrines alors que vous êtes plate comme une limande, 5/ un homme qui pense que le sexe, c’est sale, ou 5/ un homme qui ne veut pas guérir d’une maladie psychologique (que vous finissez par subir à ses côtés, impuissante). Ces exemples peuvent bien sûr être mis au féminin (l’inverse est toujours possible).

Ces relations malsaines vous mettent face à la personne que vous n’êtes pas et ne serez jamais, à vos lacunes ou vos insuffisances, et vous grignotent de l’intérieur, jusqu’à ce que vous n’ayez plus d’amour propre. Ce genre de relation, qu’un beau jour vous décidez d’arrêter, mettent des années pour s’effacer, vous offrant par la même occasion une belle flopée de bagages psychologiques. Alors, est-ce qu’elles en valent vraiment le coup ?

Leçon 4 : Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre

Je fais partie des élèves qui étaient très doués pendant leur scolarité. Première de classe, j’étais insupportable aux yeux d’un bon nombre de mes camarades. En réalité, je rêvais d’être une sorte d’Hermione Granger, si bien que je faisais les choses très bien, mais sans comprendre pourquoi je les faisais. Aujourd’hui, j’ai tout oublié. Je mélange Strasbourg et Montpellier, suis incapable de localiser la Moldavie, de comprendre la guerre syrienne ni de citer les ministres de notre gouvernement. Après le bac, je suis allée en classe préparatoire littéraire à Paris, la voie toute tracée pour les très bons élèves, et j’ai détesté les cours interminables de ce monde élitiste. En allant à la Sorbonne à la fin de mon hypokhâgne, j’ai rencontré des personnes passionnantes, originales et braves. Elles n’avaient pas peur d’arrêter leurs études à la fin de la licence pour commencer leur propre business de photographe, lancer leur start-up, devenir fille au père au Canada, etc. Je regardais toutes ces vies colorées, à la fois impressionnée et effrayée : comment ces personnes pouvaient-elles renoncer au Master, LA clé d’entrée dans le monde ?

Aujourd’hui, je suis femme de militaire, sans domicile fixe, sans travail. C’est drôle de se dire que, d’une certaine manière, ce que je « redoutais » le plus est arrivé. Moi qui ne voulais dépendre de personne d’autre que moi-même, qui voulais dépasser les autres sur le plan professionnel, dépends aujourd’hui de mon mari et son travail. Certes, c’est une situation temporaire, et je réfléchis chaque jour à ma future profession. Mais cette expérience m’apprend qu’il est possible de vivre de bien des façons, et que la voie « traditionnelle » bac-master-CDI n’est pas le Graal. Quand j’aurai des enfants, je leur parlerai de tous les métiers du monde, ceux qu’on connaît mal ou moins bien.

Leçon 5 : Le principe même des crises, c’est qu’elles sont vouées à s’arrêter

J’ai appris ce principe en écoutant un consultant dans une agence de communication de crise. La technique des consultants dans ce domaine est en effet d’attendre que « la tempête passe » en courbant l’échine. Car toutes les plus grandes crises de l’histoire, qu’elles soient politiques, sociales, culturelles, ont fini par passer. Ce qui attisait une passion vive finit par n’attirer plus qu’un sentiment fade. Pourquoi ce principe ne s’appliquerait-il pas à votre propre existence ? Dans ma vie, chacune des grandes crises s’est terminée tôt ou tard, que ce soit dans mon cercle familial (le divorce), amical (les tensions, les disputes, les trahisons, etc) et sentimental. Il m’a fallu faire preuve de patience, ce qui est très difficile quand on préfère agir. Ces moments de vie ne peuvent pas être contrôlés, c’est ainsi.

Je ne pense pas forcément que les crises nous rendent vraiment plus fort. Au contraire, les crises fragilisent. Voilà pourquoi il est essentiel de repenser aux 4 leçons précédentes : tout n’est pas tout blanc ou tout noir (la crise a forcément quelque chose de bon ?), les angoisses sont dans votre tête (peut-être que la crise est moins horrible que vous le pensiez au départ), les relations toxiques sont à éviter (il faut de bons amis sincères pour surmonter une crise) et il n’y a pas qu’une seule manière de vivre (vous trouverez forcément un nouveau chemin à l’aube de la fin de la crise).

N’hésitez pas à réagir à ces différentes leçons, et à partager vos réflexions avec moi !

7 commentaires

  1. Mathilde Assénat

    Cet article est criant de vérité. J’ai moi-même passé le cap des 25 ans en tirant de nombreuses leçons. Celle qui me parle le plus : il n’y a pas qu’une seule façon de vivre. Ces chemins tracés que l’on nous enseigne durant notre scolarité ne sont pas adaptés à tout.e.s. À chacun sa vie, à chacun son bonheur, et c’est à 25 ans qu’il faut lâcher les deux mains, prendre nos propres décisions, quitte à échouer. La vie est faite d’erreurs, sinon, elle serait si ennuyeuse.

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    1. YouMayBeBlue

      Coucou Mathilde ! Merci du fond du coeur d’avoir réagi sur cet article qui semble t’avoir parlé… Il y avait tant de belles leçons à tirer, mais j’ai sélectionné ces 5 là, car elles me semblent cruciales. C’est clair qu’il faut élargir son spectre, garder l’esprit ouvert… et je pense que ça se joue très tôt dans la vie, dès l’enfance ou l’adolescence. A chacun sa vie, comme il l’entend professionnellement parlant ! Je pense avoir trop souvent fait les choses parce qu’elles étaient « bien », « respectables », etc… ça me soulage de savoir que tu as été dans la même situation.

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  2. makeupbyaureo

    J’aime beaucoup ton article , qui lui même est inspirant. Et oui il n’y a pas qu’une façon de vivre , j’en suis la preuve vivante , si je devais dessiner ma façon de vivre ce serait certainement pas une ligne droite ; mais en réalité ça concerne plus de personnes qu’on ne le croit !

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  3. Nox

    Une super idée ces leçons à tirer de sa propre expérience ! Je suis très tentée d’en faire de même, de la hauteur de mes 30 bougies 😉 (autre cap fatidique :p )
    En tout cas je trouve tes exemples personnels touchants, sincères et assez poétiques 🙂

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