Comment combattre l’over-thinking ?

L’over-thinking, ou le fait de trop penser, peut sembler naturel à de nombreuses personnes, particulièrement les femmes, mais il ne faut pas sous-estimer son pouvoir destructeur. Etes-vous un over-thinker ? Savez-vous comment contrôler ce trait de votre personnalité ? Réponses ci-dessous.

En réfléchissant trop, certaines personnes peuvent prendre des décisions spontanées sous couvert de l’angoisse, de la peur, d’un manque de confiance en soi. Et détruire ce à quoi elles travaillent rigoureusement depuis des années. Elles peuvent arrêter leurs études ou quitter leur partenaire par simple pulsion. Ce qui, aux yeux du monde, semble être totalement irrationnel, est au contraire logique pour « l’overthinker » qui a réfléchi de manière très intense, voire trop intense, à toutes ces choses, façon « cocotte-minute ». 

Un livre pour comprendre ces mécanismes automatiques


Dans son livre « Pourquoi les femmes se prennent la tête et comment rendre leur vie plus légère » de Susan Nolen-Hoeksema (Marabout), la professeure de psychologie à l’université du Michigan, diplômée de Yale et de l’université de Pennsylvanie, a mené de nombreuses recherches sur « l’overthinking ». Elle nous livre un livre accessible et complet, mêlant des témoignages de dizaines de ses patientes et étudiantes, et analyses scientifiques de ce phénomène dur à expliquer, et pourtant bien réel. « Vous arrive-t’il d’être submergées d’angoisses, de pensées ou de sentiments qui, échappant à votre contrôle, exacerbent vos émotions et pompent votre énergie ? Si tel est le cas, peut-être faites-vous partie de ces femmes souffrant d’overthinking, cette propension à repasser en boucle pensées ou sentiments négatifs. » Elle le dit elle-même : « souffrant ».

L’over-thinking est bel et bien un mal qu’il faut guérir et apaiser. Le livre de Susan Nolen-Hoeksema est un formidable moyen d’y parvenir, en mettant d’abord en exergue les différences avec la réflexion profonde, le TOC ou l’anxiété.

Il serait faux de dire que l’overthinking, ou la capacité à trop penser, touche uniquement les femmes. Il concerne une grande partie de la population tout sexe confondu, avec cependant une focalisation sur la gente féminine, cette dernière étant particulièrement sensible aux changements hormonaux qui influent considérablement sur l’humeur. Je confirme cette tendance, depuis toute petite, je sais que ma capacité à penser est ma plus grande force comme ma plus inquiétante faiblesse. Mon imagination peut être si fructueuse dans certaines situations (quand il s’agit de création, d’écriture, des études) et si dévastatrice dans d’autres (notamment en matière amicale et sentimentale) ! C’est à en devenir folle, quand le cerveau n’en fait qu’à sa tête, et qu’on a l’impression qu’on s’enfonce, qu’on s’englue dans tout un tas de considérations qui n’ont pas lieu d’être à partir d’un élément déclencheur.

A terme, si l’overthinking n’est pas régulé, il peut entraîner des troubles psychologiques ou comportementaux plus ou moins sévères, ou des difficultés émotionnelles et sociales. L’overthinking évoluerait même de pire en pire au fil des années et des générations (certains tests ayant permis d’affirmer que les personnes âgées y avaient moins été sensibles pendant leur jeunesse), à cause d’un manque de valeurs, d’une pluralité de choix, d’une tendance à l’individualisme ou « la culture du nombril », et à l’obsession du « tout nous est dû » (je mérite la joie, le bonheur, la reconnaissance, la gentillesse, l’amour et je refuse d’en être privé)…

Phase 1 : êtes-vous un overthinker ?


Si vous vous êtes reconnu dans la première partie de cet article, alors peut-être souffrez-vous parfois, de manière plus ou moins régulière, d’overthinking, ou cette capacité à passer du coq à l’âne intérieurement en quelques secondes, jusqu’à avoir l’impression de toucher un puits sans fond.

Mais Susan Nolen-Hoeksema donne d’autres indications fiables pour savoir si l’on souffre de ce mal, en jouant le jeu de penser à ces phrases :
– Je pense à quel point je me sens seule
– Je pense à mon sentiment de fatigue ou à des douleurs physiques
– Je pense à quel point j’ai du mal à me concentrer
– Je pense à quel point je suis démotivée et passive 
– Je pense à pourquoi je suis incapable de m’en sortir
– Je pense à un événement récent que je me repasse en boucle en souhaitant qu’il se soit mieux passé
– Je pense à quel point je suis triste ou anxieuse
– Je pense à tous mes défauts, mes échecs, mes fautes et mes erreurs
– Je pense à mon manque de capacité de réaction

Si vous avez répondu « jamais » ou « presque jamais » à toutes ces possibilités, ou éventuellement « parfois », vous avez d’excellentes stratégies pour combattre l’overthinking. Si au contraire vous avez répondu « toujours » à toutes, alors vous avez tendance à ressasser vos sentiments au lieu de gérer votre vie émotionnelle.

Phase 2 : reconnaître votre type d’over-thinking


L’overthinking agressif

Le plus fréquent se concentre sur les torts dont on pense être victime. Il peut créer des sentiments de revanche ou de vengeance très forts. Les autres sont des « méchants », et on ne tient pas compte de l’autre version de l’histoire.
ex: « Je n’arrive pas à croire que je n’ai pas été prise. Je suis plus qualifiée que beaucoup des gens. Ils font une grave erreur. Ou alors, ils ont des préjugés contre moi. Je vais les attaquer en justice ! »

L’overthinking autonome

Il est fourbe dans le sens où il débute innocemment suite à une vive émotion ou lorsque l’on réfléchit à un événement récent. On cherche à expliquer les causes des choses et des sentiments qu’on éprouve. On rumine ensuite ce qui nous semble probable, mais les explications sont de plus en plus dramatiques. Les pensées ne nous appartiennent plus, et nous font prendre des mauvaises décisions. Le danger est de créer des problèmes qui n’existent pas.

L’overthinking chaotique

Les pensées négatives ne surviennent alors pas en ligne droite, les uns après les autres. Là, tout arrive en même temps comme s’ils étaient connectés. On finit par être immobilisés par toutes ces pensées négatives, et à ne prendre aucune décision en particulier parce qu’on est submergé.
ex: « Je suis nulle, je mérite d’être virée. J’ai grossi. Mon mari me trompe sûrement. Mon fils fait ses dents. J’aimerais vivre au soleil. Mon appartement m’horripile. » (c’est notamment ce type d’overthinking qui était décrit dans l’exemple, dans l’introduction de cet article)

Phase 3 : trouver des solutions pour lutter contre l’over-thinking


  • Faire une pause, qu’elle soit sportive ou manuelle, même s’il s’agit de tâches domestiques comme nettoyer sa chambre ou faire la vaisselle. Le jogging n’aide pas forcément car il est facile de penser, c’est mieux de faire une activité sportive en équipe comme le tennis à deux, ou le basket, ou le handball, etc.
  • Ne pas rester immobile. Si vous êtes au travail ou en classe et qu’une crise d’overthinking s’amorce, allez prendre l’air, marchez dans l’open space, allez vous acheter un encas ou un goûter. Ne vous repliez pas sur vous-même.
  • Faites appel à la police de la pensée : reprenez le contrôle sur votre esprit, et dites halte aux pensées négatives et destructrices. Vous êtes maître de vous-même.
  • Ne laissez jamais gagner les pensées négatives : si vous ne mangez plus, ne sortez plus, ne dormez plus, il faut que vous vous affirmiez face à vous-même. Aucune situation n’est suffisamment importante pour vous paralyser entièrement !
  • Programmez votre overthinking si vous avez réellement des choses à régler, le soir quand vous êtes au chaud sous votre couette avec un chat et un bon thé, dans votre bain ou quand vous êtes entourée. Parfois, en remettant à plus tard ses réflexions, on remarque qu’elles ont perdu de leur importance.
  • Trouvez comment vous décharger de votre pression mentale : le yoga, la relaxation, la méditation consciente, la sophrologie, sont d’excellentes techniques pour lâcher du leste, vous recentrer sur votre corps, et remettre vos émotions en place. Je vous conseille également l’ASMR, si vous êtes réceptifs.
  • Évitez de consommer des substances ou produits excitants (café, thé, boissons sucrées de type Coca Cola ou même de la drogue) qui stimulent le système nerveux et renforcent l’overthinking.
  • Éventuellement : changez de vie. Si vos crises d’overthinking sont récurrentes et liées à un sujet précis, il est temps de se remettre en question. La clé réside peut-être dans le fait de quitter votre partenaire, de changer de ville ou de métier. Dans tous les cas, une aide extérieure, comme celle d’un psychologue, peut être bénéfique pour prendre les bonnes décisions.

Pour information, le livre propose des chapitres spécifiques : « mariée », « vos enfants », « le deuil », « les pensées toxiques », « la pression professionnelle », que je ne résumerai pas dans cet article.

« Pourquoi les femmes se prennent la tête et comment rendre leur vie plus légère » de Susan Nolen-Hoeksema, Marabout, 277 pages, 5,90€.

2 commentaires

  1. Mathilde Assénat

    Encore un article très intéressant. Merci pour ces conseils précieux. L’overthinking semble toucher beaucoup plus de monde que l’on ne pense. Et en ces temps, il serait judicieux de prendre les rênes et d’essayer de lutter contre ces pensées qui sont parfois épuisantes et font perdre un temps précieux.

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    1. YouMayBeBlue

      Avec le confinement, on se replie sur soi-même… Dans la vidéo qui sort ce soir, je vais expliquer un peu mieux ce qui se passe quand on « over-think' », les ravages que ça peut causer… Tu penses souffrir d’over-thinking parfois, toi ?

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