PORTER LA VIE : Mon premier trimestre de grossesse

Eh oui, vous avez bien lu : je vais être maman ! Ces derniers mois ont été riches en émotion et en changements, si bien que j’aimerais partager avec vous certaines réflexions, trouvailles et inspirations pour bien vivre cette belle, et inédite, aventure. En avant toute !

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu des enfants. Mon goût pour la parentalité, l’éducation et la pédagogie est arrivé très tôt, quand je m’occupais d’une petite voisine de notre lotissement à seulement dix ans – elle avait de grosses difficultés scolaires – , puis s’est développé pendant mes études, quand je faisais du baby-sitting chaque semaine (et j’adorais ça !!). Tomber enceinte était un souhait sincère, mais également la possibilité d’une autre vie. Toute mon existence a toujours semblé pointer vers la maternité, que je percevais comme le début des « choses sérieuses ». Une vie d’adulte, où la transmission serait au cœur des enjeux. Je pense par ailleurs que l’adoption d’un chaton malade, Pacha, a définitivement ancré en moi cette envie de m’occuper d’un petit être qui dépend, en grande partie, de moi.

pOUR DES RAISONS LOGIQUES, Je concevais toutefois difficilement la parentalité sans « the MAN ». c’est une aventure que je suis prête à vivre AUJOURD’HUI parce que je suis avec lui, parce que nous sommes deux.

J’ai trouvé mon partenaire de vie, mon confident, mon alter ego, celui dont j’accepte pleinement le caractère, la vision et les gênes et, surtout, que je veux avoir à mes côtés jusqu’à la fin. C’est parce que j’ai la chance inestimable d’avoir ce socle stable que je me suis lancée dans cette grande aventure dont je mesure pleinement les difficultés.

SURMONTER LES désagréments du premier trimestre

Bon, au début, tout n’a pas été rose. Les désagréments liés aux changements hormonaux ont fait de mes premières semaines une sorte de cauchemar éveillé, que connaissent d’ailleurs quantité de femmes.

  • LES NAUSEES

Les nausées sont arrivées très tôt (dès la 4e semaine) et sont parties au début du troisième mois. Moi qui aimais tant manger devais non seulement m’adapter à un nouveau régime alimentaire (plus de poisson cru, de saucisson, de rillettes, de tiramisu…) mais également me battre avec mes pulsions. La moindre vue de l’intérieur du frigo me donnait des haut-le-cœur. Je me souviens d’une semaine où je n’ai pu avaler que des brioches et des prunes, la totalité des autres ingrédients de la planète me semblant soudain aussi infects que du pipi de chameau. Le pire : les légumes verts ! Courgettes, haricots verts et concombres ont été jetés sans pitié dans la poubelle, au grand dam de mon mari qui ne pouvait s’empêcher de voir là un honteux gâchis. On ne contrôle malheureusement pas les lubies de la femme enceinte !

Les bons conseils qu’on m’a donnés :
manger des petites quantités aux repas et ajouter une collation supplémentaire le matin et l’après-midi (privilégier les aliments pauvres en sucre si possible mais TOUJOURS manger ce que vous avez vraiment envie de manger) ;
prendre 5 granules de Nux Vomica 9CH 3 fois par jour pour calmer les nausées (ce qui s’est révélé très efficace pour moi) ;
boire de toutes petites gorgées d’eau pour arrêter les nausées violentes (ça fonctionne encore mieux si l’eau est mélangée à du sirop de votre choix) ;
ne pas se retenir et vomir si la nausée ne passe vraiment pas (en effet, ça va TOUJOURS mieux après)…
et, plus globalement, ne pas s’inquiéter de ne pas manger très équilibré ou de perdre un peu de poids : au premier trimestre, ce n’est pas le plus important !! (j’ai perdu plus d’1 kg au premier trimestre et mon docteur ne s’en est pas inquiété outre mesure).

Il ne faut pas oublier que le corps humain est bien fait. Les nausées peuvent être perçues comme un mécanisme de défense faisant le tri parmi les aliments, filtrant ceux qui ne risquent pas de faire du mal au bébé.

  • L’HYPOGLYCEMIE

Paradoxalement, quand les nausées se sont calmées, est arrivée une nouvelle contrainte : celle de devoir manger très régulièrement, sans quoi je tombais rapidement dans les pommes. Une faim de loup me dévorait le ventre une ou deux heures après mon repas – comme si je n’avais rien avalé depuis des jours ! Résultat, impossible de marcher même quelques minutes sans avoir mangé au préalable un fruit, ou de conduire sans avoir à ma disposition quelques biscuits. Ma tension étant assez basse, j’ai également compris que je ne pouvais plus rester debout longtemps sans défaillir, ce qui est compliqué à expliquer à la caissière ou à la vendeuse de La Poste car, au début, le ventre ne se voit pas…

Les bons conseils qu’on m’a donnés :
ne jamais hésiter à demander de l’aide au personnel des magasins qui sont toujours partants pour venir en aide à une femme enceinte, même au tout début de la grossesse (demander une chaise pour mieux vivre l’attente ou passer à une caisse prioritaire) ;
– porter des bas de contention, prescrits par votre docteur ou votre sage-femme, pour éviter les malaises dans les situations compliquées (courses, attente, etc).

  • AUTRES

Outre les nausées et l’hypoglycémie, différents changements sont progressivement arrivés. Tiraillements de chaque côté du ventre (les ligaments de l’utérus), maux de dos et de cou, migraines, fourmillements dans les membres la nuit… Difficile d’oublier ne serait-ce qu’une seconde la grossesse ! Je pense d’ailleurs ne pas être arrivée au bout des différents symptômes.

Les bons conseils qu’on m’a donnés :
– tiraillements ventre : faire du yoga prénatal très doux plusieurs fois par semaine, boire 2L d’eau par jour ;
– maux de cou : muscler son cou en faisant des exercices spécifiques (demander conseil à un kiné ou un ostéopathe);
– migraines : essayer l’obscurité totale, l’ASMR, le yoga du visage…;
– fourmis dans les membres : prendre du magnésium, boire de la Contrex, pratiquer une activité sportive régulière douce pour garantir une bonne circulation du sang
.

Bon, il faut tout de même le dire : les symptômes, certes désagréables, du premier trimestre, ont eu le mérite de me rassurer sur le fait que, oui, j’étais bel et bien enceinte. Au début, on n’a que le résultat positif de la prise de sang comme preuve. La hantise de la fausse-couche plane, et planera jusqu’à la fin du premier trimestre, il est donc compliqué d’être totalement zen !

J’AVAIS TENDANCE à suranalyser chaque réaction de mon corps pour y déceler la présence du bébé. Grâce aux nausées, aux tiraillements, aux migraines, je savais qu’il était bien là.

Ma sage-femme m’a expliqué que les femmes à tendance hypocondriaque (comme bibi !) avaient souvent des débuts de grossesse plus « désagréables » car elles désiraient inconsciemment avoir des symptômes très visibles, pour se rassurer. J’imagine que plus mon ventre deviendra rond, moins j’aurais « besoin » d’autres symptômes.

Savourer les EFFETS POSITIFS DE LA GROSSESSE

Bon, il ne faut surtout pas noircir le tableau de ce qui est tout de même une expérience fantastique ! Si le premier trimestre est bel et bien synonyme de désagréments, variables d’une femme à l’autre, il est aussi porteur de changements fort appréciés.

Moi qui suis une grande sensible, hyperémotive, hyper créative, ai enfin pu souffler. Les hormones de la grossesse m’ont fait planer (et me font encore planer), me permettant de prendre de la distance par rapport aux autres problématiques de ma vie (soudain, rien ne semble vraiment stressant ou grave). J’ai ressenti une grande paix intérieure inédite. N’étant plus soumise au cycle variable de l’ovulation et des règles, j’ai vraiment pu vivre le calme à fond. Quelle joie de ne plus avoir non plus à se préoccuper de la douleur des règles !

Je le répète ici : en ce qui me concerne, ce n’est pas une aventure vécue seule. Mon couple a atteint un autre niveau depuis l’annonce de la grossesse. L’idée que nous serons bientôt une famille, avec un petit être à aimer et éduquer, est une perspective en or. Mon mari s’investit énormément et quotidiennement dans la grossesse et je suis sûre que l’enfant le sent, même s’ils n’ont pour le moment pas de contact physique. Il m’a offert un bola (un collier avec un grelot pour éveiller les sens du bébé et l’apaiser) s’intéresse à mes maux, à mes réflexions, à mes inquiétudes, etc. C’est une aventure amoureuse qui dure neuf mois, qui rapproche et rend plus fort !

Enfin, toujours grâce à la production d’hormones, j’ai une plus jolie peau et de plus jolis cheveux. J’imagine que cela ne va pas durer – apparemment les problèmes de peau arrivent un peu plus tard dans la grossesse – mais j’ai vraiment pu profiter d’être « resplendissante ». Eh oui, vos proches remarqueront tôt ou tard que quelque chose a changé – ce qui rendra difficile de garder le secret…

Gérer l’inconnu ET LE DOUTE

Toutefois, une problématique m’a particulièrement fascinée pendant ces trois premiers mois. La réaction naturelle de l’humain face au doute, à l’inconnu, au mystère. Bref, face au fait de ne pas avoir le contrôle.

Si l’on parle énormément de cette formidable aventure qui implique de « porter la vie », on ne pense pas aux zones d’ombre intrinsèques.

Car même si l’on est plein de bonne volonté, comme l’a dit si justement ma belle-mère, si l’on fait « tout bien », si l’on respecte les consignes à la lettre… « la vie est fragile et répond à des règles qui nous dépassent ». Et, il faut être lucide, c’est possible que quelque chose « se passe mal ».

Perdre son bébé. Apprendre qu’il est malformé ou qu’il est trisomique. Pendant les semaines qui séparent le couple de jeunes parents de l’échographie du premier trimestre (à 15 semaines d’aménorrhée, soit 13 semaines de grossesse), on ne sait pas. C’est le flou total. Et 13 semaines, c’est long !! On peut juste espérer que le bébé se porte bien, qu’il se développe « normalement ». Impossible de regarder dans le ventre pour voir ce qui s’y passe. Impossible de compter les membres, de mesurer la longueur de la colonne… Non, il faut juste espérer que « la nature fasse bien les choses. »

Dans cette mesure, la grossesse ressemble à un parcours semé d’embûches, comme un jeu vidéo avec différents niveaux et les obstacles qui leur sont propres. Quand j’ai passé l’échographie de la datation, à 6 semaines, j’ai pensé « ouf, ce n’est pas une grossesse extra-utérine, l’activité cardiaque est présente, il n’y a pas d’hématomes ni d’hémorragies ni de kystes, ça va aller ». Quand j’ai passé l’échographie du premier trimestre, à 12 semaines, j’ai pensé « ouf, le bébé est toujours là, son cœur bat, il bouge, il a des bras et des jambes et des doigts et un cerveau, et en plus sa nuque est normale ». Mais même en ayant ces certitudes, « on ne sait jamais ». Il y a encore le dépistage de la trisomie 21 qui se fait dans un premier temps par analyse sanguine pour établir les « groupes à risques ». Vient ensuite l’échographie du 2e trimestre qui permet normalement de définir le sexe. En bref, il faut presque attendre d’avoir le bébé dans ses bras, le cordon ombilical coupé, et l’avis positif du médecin, pour se dire « ouf, mon bébé va bien, on va vraiment être parents ! »

Donc oui, jusqu’à même après l’accouchement, on ne peut qu’espérer que le bébé soit suffisamment fort. Dans un monde où l’instantané règne en maître, où l’on veut tout, tout de suite, et qu’on l’a, on doit en matière de grossesse se soumettre aux règles impérieuses de la nature. Le bébé se fait désirer, attendre. Et s’il quitte la partie avant la fin, impossible de savoir pourquoi. Etrangement, je ne me suis jamais sentie aussi impuissante qu’enceinte, ces premières semaines !

SE PROJETER

Après avoir officialisé la grossesse, est venu le moment de se projeter un peu plus. Nous avons aujourd’hui la chance de trouver des témoignages, des conseils et des outils formidables grâce aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques gratuites. Je souhaiterais, pour finir cet article, vous partager quelques petites pépites qui m’ont permis de mieux vivre certains changements, de trouver du réconfort quand j’en avais besoin, ou de me projeter – chose que je ne me permets d’ailleurs pas totalement de faire, sans doute parce que la peur de la fausse couche est encore présente.

Romane De Cateu, du blog Les Carnets de Romane, productrice de contenu et photographe basée à Dijon, dédie à la grossesse et à la maternité toute une rubrique (Maternité – Grossesse – Autour du bébé – Autour de la maman). J’ai particulièrement aimé ses 9 articles récapitulatifs sur chacun des mois de sa grossesse, riches en détails.

Marie Moyenin de MarieAndMood, un blog mode et lifestyle, est en train de vivre sa deuxième grossesse au moment où j’écris ces lignes. Elle livre dans son blog des articles émouvants et sans filtre sur la maternité, le rapport au corps ainsi que le tabou de la trisomie et la malformation foetale… Du contenu très apprécié dans un univers Instagram où les grossesses semblent toutes être idéales, faciles et belles. Rubrique : Baby, sous-rubrique : Mum Life

Chloé H. de Chloé&You, blog de lifestyle, a écrit des articles sur sa première grossesse et son accouchement, sous la forme de questions-réponses très intéressantes. La totalité de la grossesse est également à revoir sur son compte Instagram, très inspirant pour s’habiller et rester féminine malgré le corps qui change.

Dans un autre ton, et surtout un autre langage, Noëlle Boyer, femme de militaire américaine et maman de trois petits-garçons, tient un Instagram ultraréaliste et réconfortant sur la pression que se met une maman pour être au top, l’arrivée d’un nouvel enfant, les problématiques physiques et psychologiques liées à la grossesse… A suivre absolument si vous comprenez l’anglais !

Enfin, assez discrète et pudique sur ses deux grossesses, dont une vécue après un parcours du combattant en PMA, Bénédicte de Bona Manu, masseuse professionnelle spécialisée en fertilité, livre sur son Instagram des astuces, des conseils et des méthodes pour se sentir mieux dans son corps en attente d’une grossesse ou pendant la grossesse. Une mine d’or à ne pas manquer !

N’hésitez pas à m’écrire pour me faire part de vos réflexions, trouvailles ou expériences de premier trimestre de grossesse… et à très bientôt pour la suite de l’aventure !

Les photos ont été prises à l’Habitation-Rhumerie Clément, en Martinique, en janvier 2021, alors que j’étais enceinte de quelques semaines. Je porte une jupe Maje, un sac à dos La Bagagerie et un haut artisanal balinais.

2 commentaires

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